Offres de Maitrise: Potentiel de migration des érablières tempérées nordiques vers la forêt boréale 

Potentiel de migration des érablières tempérées nordiques vers la forêt boréale 

Proposition de 2 maîtrises ou 1 doctorat. Le doctorat engloberait les deux maîtrises.

Dans le cadre d’un projet conjoint entre le Ministère des forêts, de la faune et des parcs (MFFP) et plusieurs universités, nous sommes à la recherche d’étudiants à la maitrise dans le but de réaliser des études paléoécologiques. Ces études se situent dans le cadre d’un plus vaste projet visant l’analyse du potentiel de migration des érablières nordiques vers la forêt boréale, et plus précisément vers le domaine de la sapinière à bouleau blanc (Figure 1). La finalité du projet est l’acquisition de connaissances multidisciplinaires dans le but d’influencer les stratégies d’aménagement forestier des érablières nordiques dans un contexte de changements climatiques. Plus spécifiquement, nous nous intéresserons aux érables (Acer saccharumet A. rubrum), au bouleau jaune (Betula alleghaniensis), au pin blanc (Pinus strobus) et au thuya (Thuja occidentalis). Ces espèces devraient voir leur aire de répartition s’étendre vers le nord suite à l’augmentation future des températures. Par contre, cette expansion risque d’être contrainte par une matrice paysagère dans laquelle les conifères abondent ainsi que par une possible augmentation de la fréquence-sévérité des incendies.

Figure 1.  Localisation des érablières nordiques dans le domaine de la sapinière à bouleau jaune (SBj, points jaunes) et des érablières rouges dans le domaine de la sapinière à bouleau blanc (SBb, petits points rouges). Les deux gros points rouges sont les secteurs d’échantillonnage.

 

Le présent projet vise à caractériser l’évolution passée des érablières nordiques (domaine de la sapinière à bouleau jaune) ainsi que des peuplements mixtes dans lesquels l’érable rouge est présent. Ces derniers sont relativement bien représentés dans la portion sud du domaine de la sapinière à bouleau blanc. Notre hypothèse est que les sites accueillant aujourd’hui l’érable rouge étaient jadis occupés par d’autres espèces thermophiles (pin blanc…). Si c’est le cas, le potentiel de migration est rehaussé car il s’agirait alors pour les espèces tempérées de recoloniser des sites où elles étaient déjà présentes. Afin de valider cette hypothèse, il est nécessaire de procéder à des analyses paléoécologiques nous permettant de remonter dans le temps. Ces dernières porteront sur des indicateurs de l’évolution millénaire des paysages. Il s’agit du pollen, des macro-restes (ex. aiguilles de pin blanc) et des charbons de bois.

Maîtrise 1. Une première maîtrise sera consacrée à l’étude de deux archives sédimentaires. La première est une carotte sédimentaire lacustre prise au fond d’un lac jouxtant une érablière nordique. La seconde est un sédiment organique prélevé dans une petite tourbière sise dans l’érablière nordique. Les analyses polliniques se limiteront au sédiment lacustre. Les charbons de bois seront analysés dans les deux archives mais ceux contenus dans les sols organiques, de taille supérieure à ceux des sédiments lacustres, seront identifiés au genre et, si possible, à l’espèce. Plusieurs charbons d’espèces tempérées seront datés. Les macro-restes seront étudiés dans les deux archives. Nous accorderons cependant une attention particulière aux débris ligneux contenus dans le sédiment organique et de taille suffisante pour permettre leur identification. La végétation contemporaine entourant la tourbière sera également étudiée (âge des arbres, structure forestière…). La comparaison de ces deux archives nous permettra de reconstituer l’histoire plurimillénaire des paysages à une échelle régionale (le lac) et locale (tourbière) (Figure 2).

Maîtrise 2. Elle est similaire à la première maîtrise, mais elle est réalisée dans les érablières rouges de la portion sud du domaine de la sapinière à bouleau blanc.

Chacune de ces deux maîtrises ou le doctorat qui les regroupe permettra aux étudiants d’acquérir de solides connaissances dans les domaines de la paléoécologie (identification de pollen, de charbons de bois et de débris ligneux) et de la dynamique forestière. Ces deux volets seront accompagnés d’analyses statistiques relatives au domaine de l’écologie numérique. Le point d’attache des étudiants sera le laboratoire de paléoécologie de l’Université de Montréal (UdeM) http://paleoecologie.umontreal.ca. Par ailleurs, les étudiants feront partie d’une équipe plus large formée par l’ensemble des participants au projet des érablières nordiques. Ils auront aussi la chance de participer à des colloques nationaux et internationaux. Le financement annuel sera de l’ordre de 15 k. La direction des études sera assurée par les professeurs Olivier Blarquez (UdeM) et Yves Bergeron (UQAT) en collaboration avec Martin Lavoie (U. Laval), Martin Simard (U. Laval) et Pierre Grondin (MFFP). La maîtrise s’étendra sur une période de 2 ans, soit de mai 2019 à mai 2021. Si le projet se fait par le biais d’un doctorat, ce dernier portera sur une durée maximale de 4 ans.

Afin de postuler, envoyez une lettre de motivation, votre CV ainsi q’un relevé de notes récent à Olivier Blarquez: blarquez at gmail.com. L’étude des candidatures commence immédiatement et se poursuivra jusqu’à ce que les postes soient comblés. 

Figure 2.  Illustration du site d’échantillonnage des érablières nordiques. A. le sédiment lacustre, B. Le sédiment organique d’une petite tourbière à l’intérieur de l’érablière. Les deux archives seront analysées et comparées dans le but de connaître l’évolution plurimillénaire des paysages. Un site similaire sera étudié mais dans lequel le sommet des collines est occupé par l’érable rouge.

PhD: Dynamique plurimillénaire des écosystèmes de l’est du Québec et du Labrador: influence des feux et du climat

Description : Deux principaux types de pessières noires caractérisent aujourd’hui les forêts boréales de la portion est de l’Amérique du Nord (Québec méridional) : la pessière noire à mousses et la pessière noire à lichens. Plusieurs auteurs ont démontré que le régime des feux des derniers millénaires a conduit à une ouverture des paysages forestiers par la transformation de la pessière à mousses (forêt fermée) en pessière à lichens (forêt ouverte) (Richard et al. 1982, Asselin et Payette 2005). La présente étude s’inscrit dans la poursuite de ces travaux. Elle est également en relation avec le développement de stratégies d’aménagement visant à assurer la résilience des forêts d’épinette noire (régénération, densité et croissance) dans un contexte de changements climatiques. La reconstruction des paléoincendies en lien avec les changements climatiques est une information indispensable afin de mieux comprendre la dynamique plurimillénaire de la végétation (Ali et al. 2012, Blarquez et al. 2015). Les objectifs spécifiques de ce projet sont :

  • D’utiliser les outils de la paléoécologie (pollen, charbons de bois, macro-restes contenus dans les sédiments lacustres) afin de déterminer les mécanismes responsables de la transition de la pessière à mousses vers la pessière à lichens.
  • De reconstruire, pour l’Holocène, la réponse des pessières à mousses aux modifications de la fréquence des incendies et du climat le long d’un gradient écologique longitudinal et d’un gradient latitudinal. Le long du gradient longitudinal (ouest vers est), les forêts sont de plus en plus influencées par des conditions océaniques (Atlantique). Le long du gradient latitudinal (sud vers nord), le climat se refroidit, le relief s’adoucit et les feux sont de plus en plus fréquents.
  • De combler un manque important de connaissances paléoécologiques dans l’est du Québec et au Labrador.
  • D’établir des liens avec les autres composantes d’un programme d’étude visant à mieux comprendre les facteurs qui affectent la densité et la croissance des peuplements situés aux limites de la forêt boréale fermée suite à des perturbations naturelles ou anthropiques (coupe forestière), dans un contexte de changements climatiques.
  • À bonifier les états de référence (ex. proportion de vieilles forêts à maintenir dans les paysages aménagés) par de meilleures connaissances sur la variabilité naturelle des forêts au cours de l’Holocène (Boucher et al. 2009).

Afin de caractériser les deux gradients à l’étude, trois transects d’une longueur moyenne de 100km seront définis. Le premier sera localisé au nord de Sept-Îles, le second le long de la rivière Romaine et le troisième au nord de Blanc-Sablon. Les travaux de terrain seront réalisés à l’été 2016. Au total, 6 lacs seront échantillonnés. Tous seront analysés en regard des charbons de bois alors que trois (1 par transect) seront étudiés pour le pollen et les macrorestes. Les charbons de bois seront utilisés afin de reconstruire l’incidence passée des incendies, les assemblages polliniques et les macrorestes permettront de reconstruire la végétation alors que les données climatiques seront obtenues par simulation (GCM) (Ali et al. 2009). Ces résultats seront mis en relation avec ceux provenant de l’analyse de sédiments organiques (étude connexe) dans un but de comparaison de l’histoire Holocène provenant de deux types d’archives (lacs et tourbières).

Supervision : Olivier Blarquez (Université de Montréal); Adam Ali (Université de Montpellier)

Qualifications requises :     Maîtrise en biologie, en écologie, en géographie ou en foresterie. Bilinguisme (français-anglais).

Soutien financier : Bourse annuelle de 18 000 $ (CDN) pour trois ans (compléments disponibles).

Les personnes intéressées sont priées de faire parvenir leur curriculum vitae, une lettre de motivation ainsi que les coordonnées de deux référents par email à Olivier Blarquez (blarquez@gmail.com) et Adam Ali (ali@univ-montp2.fr).

Image credits

PhD opportunity in peatland ecology

The biogeography (https://udembiogeo.wordpress.com/) and paleogeography (http://blarquez.com/) labs at Université de Montréal are seeking a Ph.D. student to work on the impact of fire and other disturbances on long-term peat accumulation in northern peatlands using a mix of paleoecological and modeling approaches. The candidate will need to have a strong background in peatland ecology, paleoecology or ecosystem modeling. The position is funded but preference will be given to students with a high potential to secure external funding. Start date: September 1, 2016 or before.

To learn more about Université de Montréal, visit https://admission.umontreal.ca/en/student-info/.
Please send a CV, a statement of interest, transcripts and the contact information of at least 2 referees to Prof. Julie Talbot, (j.talbot@umontreal.ca) or Prof. Olivier Blarquez (olivier.blarquez@umontreal.ca).

Projet de doctorat en écologie des tourbières

Les laboratoires de biogéographie (https://udembiogeo.wordpress.com/) et paléogéographie (http://blarquez.com/) de l’Université de Montréal sont à la recherche de candidatures pour un projet de doctorat concernant l’impact des feux et autres perturbations sur l’accumulation à long terme de la tourbe dans les tourbières nordiques et ce, en utilisant des techniques paléoécologiques et de modélisation. Le candidat devra avoir de bonnes connaissances en écologie des tourbières, en paléoécologie ou en modélisation des écosystèmes. L’offre comprend une bourse, mais la priorité sera donnée aux étudiants ayant un bon potentiel pour se mériter une bourse externe. Début : 1 septembre 2016 ou avant.

Pour en apprendre plus sur le programme de doctorat en géographie à l’Université de Montréal, consulter http://geographie.umontreal.ca/programmes-cours/cycles-superieurs/doctorat-geographie/.
Envoyez votre CV, une lettre de motivation, des relevés de notes et les coordonnées d’au moins 2 références à Julie Talbot (j.talbot@umontreal.ca) ou Olivier Blarquez (olivier.blarquez@umontreal.ca)

00045547
Source